Lettre ouverte au Président de la République française

Monsieur Emmanuel MACRON

Président de la République française

Palais de l’Elysée

Paris                                                                                   

Paris, 1/04/2025

 

Monsieur Le Président,

 

Le 31 mars, le service de communication de l’Elysée a rendu public un communiqué faisant état de votre entretien téléphonique avec Monsieur Tebboune, le chef de l’Etat algérien.

 

Tout d’abord nous ne pouvons que nous réjouir de tout acte aussi symbolique soit-il qui viserait l’apaisement et l’entretien de relations amicales entre les deux pays.

 

Toutefois, nous nous permettons de vous rappeler que l’Algérie sous la direction de M. Tebboune, viole gravement et massivement les droits humains. Vous l’avez constaté vous-même avec l’arrestation et l’incarcération arbitraires de Boualem Sansal, après un simulacre de procès.

 

Comme dans le cas de Boualem Sansal, des milliers d’autres Algériens, dont une grande majorité d’Amazighs et particulièrement des Kabyles ont été arrêtés, condamnés lors de procès factices, à de lourdes peines, y compris la peine capitale pour 39 d’entre eux.

 

Concernant les Franco-Kabyles (environ un million de personnes), des dizaines d’entre eux qui sont allés en vacances en Kabylie ces dernières années, se sont retrouvés frappés d’interdiction de sortie du territoire national (ISTN) algérien, d’autres ont été jetés en prison pour avoir participé à une manifestation en France. Compte tenu de ces risques, des milliers d’autres Franco-Kabyles ne peuvent pas se rendre en Kabylie pour rendre visite à leurs familles. Les services de police algériens agissent même en France par des menaces, des intimidations et le chantage contre des citoyens Français d’origine kabyle ou algérienne.

 

D’un régime autoritaire, l’Algérie s’est muée au cours des dernières années en dictature militaire sans complexe. Tous les jours, des centaines d’Algériens tentent de fuir leur pays par tous les moyens. Normaliser les relations avec l’Algérie ne peut se faire sans la condition de l’arrêt des violations des droits de l’homme et l’établissement d’un état de droit. En tant que Franco-Amazighs et Franco-Kabyles, nous n’accepterons jamais le sacrifice des valeurs et des droits humains sur l’autel d’un marchandage quelconque avec l’Algérie.

 

Nous sommes persuadés, Monsieur le Président, que vous êtes attachés comme nous, aux valeurs humaines et que vous n’oubliez jamais que la France est la patrie des droits de l’homme. C’est pourquoi nous sommes confiants dans le fait que vous saurez en toutes circonstances, mettre ces valeurs et ces droits au-dessus de tout.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

 

Le Bureau du CMA

 

 

Le CMA est une ONG internationale de protection et de promotion des droits des Amazighs